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Nouvelles Internationales Ve, 03/05/2013 - 14:11

L’IRC réunifie des familles réfugiées en Jordanie

Les réfugiés syriens attendent une distribution d’aide dans le camp Zaatari
Les réfugiés syriens attendent une distribution d’aide dans le camp Zaatari en Jordanie

Iris Knuppel fait partie de l'équipe de réponse aux urgences de l'International Rescue Committee. Cette belge de 31 ans a plus d’une dizaine de missions d’urgence à son actif. Elle s’est rendue dans le nord de la Jordanie en janvier pour s’occuper d’un programme essentiel pour les enfants du camp de réfugiés de Zaatari. "Nous travaillons 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7", explique-t-elle. "Nous devons être présents pour ces enfants. C'est notre priorité."

Les enfants dont elle parle sont des réfugiés syriens qui entrent en Jordanie sans être accompagnés par un membre de famille. Heureusement, il n'y en a pas beaucoup. Depuis que l'International Rescue Committee (IRC) a pris en charge le programme pour les "Enfants Non Accompagnés" dans le camp Zaatari en Jordanie au mois de février, l'équipe de l'IRC a fourni un abri et des soins temporaires à plus de 100 enfants. La plupart de ceux qui arrivent en Jordanie ont été envoyés par leurs familles afin qu’ils quittent la Syrie. La majorité sont des garçons, et selon Iris, certains d’entre eux ont fui parce qu'ils se rapprochaient de l'âge de la conscription et ne voulaient pas être enrôlés pour se battre pour le régime d’Assad. L'objectif du programme est d'assurer la sécurité des enfants, puis de trouver des membres de leur famille ou des amis proches de leur communauté d'origine avec lesquels ils peuvent vivre.

Le travail commence à partir du moment où les réfugiés traversent la frontière syrienne. Depuis peu, environ 2.000 personnes arrivent chaque nuit en traversant la frontière du désert à pied. De l'autre côté de la frontière, en Jordanie, des bus du gouvernement les attendent et les déposent au camp de réfugiés de Zaatari. En une nuit normale, près de 60 bus bondés de réfugiés se dirigent vers Zaatari. Une fois dans le bus, les travailleurs humanitaires lancent un appel pour trouver tous les enfants et les adolescents qui ont  voyagé sans leur famille. Au camp Zaatari, qui abrite aujourd'hui près de 150.000 réfugiés, les nouveaux arrivants reçoivent un repas, une couverture et ensuite commencent les démarches qui leur permettront de recevoir un logement et de l'aide. La recherche des enfants non accompagnés se poursuit toute la nuit à Zaatari, où les travailleurs sociaux de l'IRC parcourent les rangées de tentes à la recherche de jeunes qui ont voyagé seuls. "Ces enfants sont très vulnérables", explique Iris. "Très souvent, ils sont séparés, et cela prend du temps avant qu'ils puissent retrouver leur famille." Les enfants non accompagnés sont pris en charge dans un centre d'accueil de l’IRC, où ils fournissent tous les renseignements personnels qu'ils connaissent – tels que leur nom, leur âge, leur ville natale et s’ils ont de la famille en Jordanie ou en Syrie.

Après qu’ils ont passé la nuit dans l'espace sécurisé réservé aux enfants, l'IRC commence à rechercher des membres de leurs familles et à les contacter. La plupart des enfants ont emmené un téléphone portable avec le nom et le numéro de téléphone d'un proche qui se trouve déjà en Jordanie. Dans ce cas, le processus de recherche est simple. "Quand cette personne arrive, on vérifie qu’il/elle est bien la personne qu’il/elle prétend être", explique Iris. "Cela se fait en interrogeant l'enfant séparément de l'adulte. Lorsque c’est possible, nous vérifions en rappelant le numéro en Syrie, et nous vérifions si c'est bien la personne qui est supposée s'occuper de l'enfant."

Une des manières de mesurer le succès de notre travail est la rapidité avec laquelle les familles sont réunifiées. Iris nous raconte que lorsque l'IRC a pris en charge le programme en février, certains enfants avaient passé plus de deux mois dans la section des enfants non accompagnés. "Depuis que nous avons mis la priorité sur la recherche des membres de la famille et de tuteurs, les enfants passent désormais entre deux à trois nuits dans le centre, au lieu de deux à trois semaines auparavant." Elle dit que la stabilité est essentielle pour ces enfants, beaucoup d'entre eux ayant vécu des expériences traumatisantes et troublantes au cours de ces deux années de guerre.


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