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Nouvelles Internationales Je, 15/11/2012 - 18:01

La force des filles au Kenya

Girl power in Kenia
Girl power in Kenia
Girl power in Kenia
Girl power in Kenia

NAIROBI, Kenya - À bien des égards, Susan Kayongo, 19 ans, est une adolescente kényane au parcours typique. Elevée par sa grand-mère à Eastleigh, l'un des quartiers les plus pauvres de Nairobi, elle s’en est bien sortie à l'école primaire mais elle n’a pas eu les moyens de poursuivre ses études. Son avenir semblait sombre, comme pour tant de jeunes femmes peu scolarisées et sans travail.

Mais Susan a eu de la chance. L'année dernière, par un voisin, elle a entendu parler du programme « Les Filles Autonomisées par la Microfranchise (FAM) », un programme innovant lancé par l’International Rescue Committee pour aider les adolescentes à sortir de la pauvreté en les aidants à créer leurs propres petites entreprises. FAM les prépare à gérer les franchises locales d’entreprises  réputées en Afrique de l’Est, comme celle des produits capillaires Darling.

« Cette année, j’ai suivi une première formation en gestion qui s’est tenue dans un centre pour jeunes pendant deux semaines », se souvient Susan. « Nous avions le choix entre Kenchic (une chaîne d’élevage de volailles et de restauration rapide) ou Darling. Je savais que je voulais faire Darling dès le début... Même si j'étais allée à l'école secondaire, j’aurais quand même voulu être coiffeuse indépendante ».

Susan s’est associée avec neuf autres adolescentes pour ouvrir le salon Downtown. Situé dans un conteneur de fret réaffecté, qui été abandonné dans le centre d’un des quartiers de la ville, le salon est étonnamment accueillant ; ses murs blancs sont décorés avec des posters de coupes branchées. Les femmes vendent des produits de beauté et différents modèles d’extensions de cheveux.

« Quand les affaires sont bonnes, on reçoit six à sept clients par jour, mais il y a d'autres jours où nous ne travaillons pas », explique Susan. Leur clientèle est de tous âges. « J'ai quelques hommes aussi, qui se font tresser ou teindre les cheveux ».

Les filles reçoivent chaque jour la visite des formateurs de Darling et des mentors d'un partenaire local de l’IRC, Family Health and Options Kenya. « Elles ont été formées pour avoir des compétences de base en affaires et nous poursuivons cette formation avec elles, après qu'elles ont ouvert leur entreprise », explique Olisa Everlyne, mentor de Susan, qui prévient ces entrepreneuses débutantes qu’elles doivent être réalistes quant à leurs attentes. « Quand elle ont le moral bas, je les encourage en leur expliquant qu'elles ne doivent pas s'attendre à gagner de l'argent immédiatement. La plupart comprennent ».

Le manque d'opportunités économiques pour les filles est particulièrement problématique de ces vastes quartiers qui s’établissent de manière spontanée autour des villes du Kenya, et où plus de 70 pour cent des gens vivent dans des bidonvilles avec des services de base, tels que l’eau et l’assainissement, très limités. Le gouvernement kényan  considère l'emploi des jeunes comme une priorité dans sa stratégie de développement national et certaines entreprises comme Darling sont impatientes d’y participer.

« Ce que j'aime chez FAM, c’est qu’on parle aux filles, et on les aide vraiment à devenir autonomes », dit Tabitha Achieng, directrice adjointe de l'Académie de Darling Hair. Elle apprécie le fait que la marque Darling est mieux connue grâce au programme, une situation où tout le monde trouve son compte. « Leurs vies sont en train de changer», ajoute Achieng. « Les filles sont désormais responsables et ont une activité. Avec le temps, l'avenir sera très prometteur pour celles qui sont sérieuses ».

Elizabeth Mukami, responsable du programme FAM de l’IRC, est aussi pleine d'espoir. «Nous aussi, nous avons  appris beaucoup de choses avec ce premier groupe», explique t-elle. « Il y a eu des difficultés que nous n’avions pas prévues et démontrer l’impact d’une telle initiative peut prendre du temps, surtout au début. Mais je sais qu’après la première année, nous allons voir une grande différence, une grande amélioration pour ces filles et leurs entreprises ».

Le programme FAM, financé par la Fondation Nike, prévoit de recruter deux nouvelles franchises dans le programme de l’année prochaine, avec l'objectif d'atteindre 2400 filles seulement au Kenya. L'IRC, la seule organisation qui soutient la micro-franchise exclusivement pour les jeunes dans les pays sortant d'un conflit, mène actuellement des initiatives similaires en Sierra Leone, en Haïti, au Liberia et en Egypte.

Et Susan? Elle est pleine d’entrain. « Je voudrais devenir une coiffeuse bien connue et réaliser mon rêve d'avoir un grand salon dans le centre-ville et de voir mes créations dans des magazines. » Susan a fait l’object d'un reportage de la BBC intitulé "Young and Jobless," (Jeune et sans emploi) qui a été diffusé le 15 novembre 2012.

Susan raconte son histoire dans un reportage photos sur le site de BBC News.


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